Cette étude expose au plan doctrinal deux types de connaissance : la connaissance traditionnelle et l’épistémologie moderne. La connaissance traditionnelle réfère à la transcendance portée par tous les messages célestes dont l’humanité est dépositaire. C’est une connaissance synthétique qui pose le postulat de l’identité du sujet de la connaissance et de son objet, ainsi que l’assimilation de ce dernier par le premier. Vers le haut, cette connaissance s’ouvre sur une échelle d’intégration, au sens mathématique, pour culminer dans l’attestation de l’Unité métaphysique, comme l’illustre le soufisme en islam, le yoga dans l’hindouisme, le taoïsme en Chine... Dans l’existence, cette connaissance justifie la centralité de l’homme dans son univers et lui fournit la réponse au « pourquoi ainsi » de notre monde et à son « en vue de quoi ». En revanche, l’épistémologie moderne réfère exclusivement à la société et à l’histoire en se coupant de toute transcendance et dissocie le rapport entre le sujet de la connaissance et son objet, pour proclamer le primat de la vérité objective ou extérieure. L’épistémologie moderne s’ouvre ainsi sur une connaissance purement analytique indéfinie, comme l’illustre la physique des particules. Cette nature analytique de l’épistémologie moderne la prive en amont de l’Unité dont elle perçoit la nécessité, comme le suggère le formalisme de la relativité générale en physique. En aval, elle a tendance à confondre les états de désintégration avec des états d’émancipation dans un monde où l’homme est devenu l’esclave de l’économie.


La connaissance traditionnelle et l'épistémologie moderne